Maison Bouquet (Roanne, 42) : Guillaume Assié, la révélation

Dans une ville désormais entourée de belles maisons étoilées, mais qui ne peut plus en revendiquer aucune, un restaurant souhaite sortir du lot en osant la partition gastronomique. Un pari osé mais totalement réussi grâce au talent incontestable de son chef, Guillaume Assié.

Le restaurant, c’est un peu comme une rencontre, qu’elle soit amicale, professionnelle ou amoureuse. Il y a celles dont on attend beaucoup – parce qu’elle a été vantée par un tiers de confiance ou de jolies photos sur une application spécialisée… -, et celles dont on attend rien du tout ou si peu, par manque d’informations ou parce que le hasard a fait son oeuvre. Dans les deux cas, satisfaction ou déception peuvent être au rendez-vous. Rencontre rime avec aléa. Et c’est bien là toute la beauté de la chose. 

Le diner réalisé chez Maison Bouquet fait partie de la deuxième catégorie. Une table inconnue au bataillon de la communication mais un texte plutôt élogieux du Bibendum qui vante et le parcours du chef (Gilles Goujon, Eric Pras, Glenn Viel), et une « cuisine qui fait voeu de simplicité ». On se demande pourquoi, face à une telle prose, l’étoile n’a pas rougit la devanture de cette imposante demeure posée sur la place du Marché, en plein centre-ville. Et on se pose encore plus prestement la question après notre repas qui fut de très haute-volée, frôlant parfois la deuxième étoile sur certains plats d’une parfaite maitrise technique et d’une belle puissance gustative. Le plat intitulé « Bouquet de mer », « pâtes fraiches, coquillages, caviar » impose le respect par sa capacité à séduire le palais avec finesse et gourmandise, tout comme le plat « agneau, tomates, basilic » (photo ci-dessous) qui en impose par sa limpidité évidente. Desserts dans la belle continuité du salé ; service tout en accent et en sourire de Juan ; belle carte des vins. 

Peu adepte des réseaux sociaux, un poil ours, bosseur comme deux, volontaire comme trois, Guillaume Assié se bat, aux côtés du couple propriétaire (qui propose également de très belles chambres dans leur Demeure Bouquet, à Ambierle), pour que cette maison reste vivante et soit reconnue pour ce qu’elle est : une grande table gastronomique. 

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PratiqueSite de Maison Bouquet
Photographies | Emmanuelle Levesque (portrait), FPR

LA PLATEFORME BOUILLANTES

LES INFOS EXPRESS

15 juin | Après plusieurs semaines de retard, le chef Maxime Bouttier vient d’ouvrir « Éthanol » à un jet de bouchon de son restaurant étoilé Géosmine (Paris, 11e arr.). Les amateurs y retrouveront une cuisine bistrotière simple et directe (os à moelle, sole meunière, croissant jambon-emmental…) et quelque 500 références de vins. 

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14 juin | Le label B Corp (Benefit Corporations), porté par l’ONG B Lab, fête ses 20 ans. Le mouvement certifie les entreprises qui agissent dans l’intérêt général, notamment en faveur de l’environnement. À l’occasion de cet anniversaire, B Lab dévoile cinq priorités pour la décennie à venir, parmi lesquelles : « renforcer ses standards de certification », « développer une communauté plus large et plus inclusive » et « faire émerger de nouveaux critères de réussite pour les entreprises et les investisseurs ».

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13 juin | Le chef Fabien Ferré, à la tête du restaurant trois étoiles La Table du Castellet (83) accueillera le 8 juillet son confrère Yoann Conte, à la tête de la table doublement étoilée éponyme (Veyrier-du-Lac, 74). Le menu à quatre mains, affiché à 420 €, sera servi en huit temps.

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