L’appel à l’aide d’un chef à deux doigts de fermer son restaurant 

Le titre fait dans le mélodramatique : « SOS d’un chef au bord du gouffre ». La newsletter du guide Gault&Millau suisse, qui pèse lourd de ce côté-ci du lac, n’a donc pas lésiné sur la titraille pour attirer le lecteur. Et tant mieux puisque le sujet concerne un chef qui reconnait qu’il est arrivé « au point où (il) n’a pas les fonds nécessaires pour lancer la prochaine carte d’automne, ce qui (le) conduira à devoir fermer définitivement le restaurant dès la semaine prochaine ». Le chef en question s’appelle Lawrence Bamberger, à la tête de la Cantine du Neubourg (noté 12/20 par le Gault&Millau), à Neufchâtel. 

Dans un court entretien accordé au guide, Lawrence Bamberger explique les causes de cette triste situation : une clientèle qui a déserté le centre-ville pendant la saison estivale, une fermeture du restaurant pendant trois semaines (une première pour le chef), une ouverture récente (juste avant le covid), des coûts en forte hausse et une clientèle qui fait plus que jamais attention à son portefeuille. 

Si le restaurant venait à fermer, le chef rappelle qu’il s’agirait alors d’une « faillite personnelle » puisque sa société est en nom propre. Une catastrophe à laquelle il cherche à échapper en lançant un appel aux dons (lien ci-dessous).

Par-delà le cas de Lawrence Bamberger en Suisse, la situation ne semble guère mieux pour de nombreux restaurateurs en France, avec des causes plus ou moins similaires. Certains experts prévoient même des fermetures en cascade dans les mois à venir. L’appel aux dons atteindra vite ses limites. Mais il a l’avantage de montrer que la situation pourrait rapidement devenir l’affaire de tous. 

Le texte publié par le chef Lawrence Bamberger

Je m’adresse à vous aujourd’hui, car La Cantine du Neubourg est en grande difficulté. En effet, depuis le début de l’année, nous subissons une perte de chiffre d’affaires de 30 % par rapport à la même période l’année passée. L’inflation et la hausse des prix de l’énergie freinent évidemment la majorité des personnes à se faire plaisir et toute l’industrie hôtellerie-restauration le ressent. Notre branche est la première victime de la conjoncture actuelle, car cela devient impossible d’honorer des factures qui ne font qu’augmenter tout en maintenant nos établissements à flot. 

Je suis quelqu’un d’optimiste et j’aimerais croire que ce n’est qu’une mauvaise période et que celle-ci sera éphémère. Changer notre carte de manière bi saisonnière afin de vous faire découvrir sans cesse de nouveaux produits représente des charges non négligeables et malheureusement, je suis au point où je n’ai pas les fonds nécessaires pour lancer la prochaine carte d’automne, ce qui me conduira à devoir fermer le restaurant définitivement dès la semaine prochaine. La Cantine du Neubourg a besoin de vous pour continuer à travailler. Chaque don, chaque franc pourra nous aider à surmonter cette période difficile. Si vous souhaitez aider La Cantine du Neubourg vous pouvez envoyer votre don à l’IBAN que vous trouverez ci-dessus. 

Quoi qu’il advienne, je me sens extrêmement reconnaissant d’avoir la possibilité de vivre cette expérience unique que d’avoir un restaurant et quelle que soit l’issue, je prends jour après jour un énorme plaisir à vous faire à manger dans ma Cantine. J’aimerais remercier toutes les personnes qui se reconnaîtront, mes fournisseurs ainsi que mon équipe qui fait un travail admirable.

Un immense merci aussi à mon confrère Arpad Antonietti Kovalevsky pour sa réactivité, son professionnalisme et sa gentillesse pour cette vidéo crée en un temps record.

Réserver une table c’est aussi nous aider de la meilleure manière qui soit. Vous pouvez le faire en nous appelant au 032 724 63 55 ou encore nous envoyer un mail à resa@lacantineduneubourg.com



PratiqueLien pour l’appel aux donsLien vers le restaurant

MICHELIN FRANCE 2025

LES COURTS BOUILLANTES

LES DERNIERS ARTICLES

La SNCF mène-t-elle grand train avec son nouveau bistro ?

La SNCF a lancé début mars une nouvelle offre de restauration à bord de ses TGV. Dans une sorte de retour sur son histoire et de tentative de coller à la mode des bistrots, des plats chauds tels que les crozets reblochon et la saucisse purée sont désormais disponibles. Mais est-ce bon ? Pour Bouillantes, la journaliste Sarah Rozenbaum a goûté.

Guillaume Galliot : « Mon terroir est international » (podcast)

Vu de Hong Kong, les problématiques des chefs de cuisine sont-elles les mêmes qu’en France ? Importance et impact des étoiles Michelin, sourcing produits, logistique, saisonnalité, autant de thèmes abordés avec le chef français Guillaume Galliot, à la tête du restaurant triplement étoilé Caprice, situé au sein du prestigieux hôtel Four Seaons. En expliquant que « (son) terroir est international, de la France jusqu’à l’Australie », on comprend que sa logique culinaire se distingue du discours français traditionnel. Un podcast dépaysant et instructif comme il faut. 

Ultraviolet (Shanghai) : fin d’une table d’intention

À quoi tient la véritable singularité d’un restaurant : la cuisine, le talent culinaire du chef, le prestige de l’adresse, les moyens économiques ? Et si la réponse se nichait ailleurs, du côté d’un vocable rarement utilisé dans le monde de la gastronomie, celui de l’intention ? Application d’une réflexion très concrète avec la fermeture prochaine du restaurant Ultraviolet de Paul Pairet.

Fermeture du restaurant Ultraviolet (Shanghai) : entretien avec Paul Pairet

Fin mars 2025, le restaurant Ultraviolet fermera définitivement ses portes après treize années d’activité. Ce concept, unique au monde, qui convoque tous les sens et propose une scénographie exceptionnelle du repas, a été récompensé de trois étoiles au guide Michelin. Le média Bouillantes s’est rendu à Shanghai pour rencontrer le chef Paul Pairet qui explique les raisons de cette fermeture et ses projets.

Maison Ruggieri (Paris, 8e arr.) : la nouvelle équipe évincée sans ménagement et un ‘deux étoiles’ qui fout le camp

L’histoire aurait pu être belle. Elle a viré au cauchemar. Après le départ du chef Martino Ruggieri du restaurant qui portait son nom, la propriétaire des lieux Shamona Viallet a fait venir une nouvelle équipe issue d’un grand palace parisien, le Bristol (Paris) en promettant un « projet trois étoiles » et des investissements à la hauteur. La réalité a été totalement différente : une mise à l’écart sans les formes et un nouveau projet qui tangue déjà. Récit.

Shamona Viallet (propriétaire de Maison Ruggieri) : « Vous m’appelez pour écrire un article mais vous ne savez pas qui je suis »

Contactée par Bouillantes pour comprendre pourquoi six cuisiniers capés, venant notamment du restaurant Epicure (Paris, 8e arr.), ont quitté leur poste pour rejoindre un projet qui ne verra jamais le jour avec eux, la propriétaire de l’ex-Maison Ruggieri (et du restaurant Maison Dubois) a joué au chat et à la souris, refusant de répondre, bottant en touche, convoquant ses avocats à de multiples reprises, oubliant même sa promesse d’investir dans un projet qu’elle voulait « trois étoiles ». Entretien aux limites de l’absurde mais riche de sens.

Hakuba (Paris, 1er arr.) : plénitude à tous les étages

Au rez-de-chaussée du Cheval Blanc Paris, la cuisine « boulangère » de Maxime Frédéric a cédé sa place depuis plusieurs mois aux menus omakase d’Hakuba, table « gastronomique dans un Japon ritualisé » dirigée par Takuya Watanabe et orientée par Arnaud Donckele. Le résultat est ébouriffant.

On ira manger… chez Maison Lagure (La Garenne-Colombes, 92)

Il est de retour. Après le Lucas Carton, puis le Saint-James où il était salarié, le chef Julien Dumas se lance dans l’aventure entrepreneuriale. Avant de créer une table aux ambitions gastronomiques, il ouvre Maison Lagure qui se veut « chaleureuse et familiale ». Et ambitieuse.

Ventes, ouvertures, développement : Alain Ducasse joue au Monopoly

Il vend d’un côté ses restaurants, il prévoit de l’autre d’ouvrir six tables et une quinzaine de boutiques en 2025, il s’installera l’année prochaine à la Maison du peuple, en banlieue parisienne, avec une batterie de projets : Alain Ducasse ferme sans cesse des portes pour en ouvrir d’autres, mélangeant le très chic et le faux populaire. Ducasse, girouette et caméléon, joue encore et toujours au Monopoly.

Événements culinaires : l’invitation pour deux doit-elle être la règle ? 

Le secteur de la restauration regorge d’événements, du plus intime au plus prestigieux, et sauf exception, les invitations sont « personnelles » et réduites à une seule personne. Récemment, un chef étoilé a jeté un pavé dans la mare en estimant que cette pratique nuisait à l’ensemble de l’écosystème du restaurant. Sur Instagram, Bouillantes a posé la question de savoir s’il fallait instituer le principe de l’invitation pour deux. Réponse.

Quand la start-up SumUp trouve cinq tables étoilées à Tours

Pour communiquer, se faire connaitre et trouver ainsi des clients, de nombreuses sociétés réalisent des « études » pour prouver un soi-disant sérieux et une connaissance du secteur. La start-up SumUp en a récemment publié une qui vaut le détour : elle a tout bonnement inventé cinq tables étoilées dans la bonne ville de Tours qui n’en compte… aucune.

Vaisseau (Paris, 11e arr.) : excitation papillaire totale

Il a longtemps cherché, plusieurs fois hésité, puis il s’est arrêté sur cette adresse de la rue Faidherbe pour ouvrir sa table fin 2023. Depuis, le Vaisseau du chef Adrien Cachot ne désemplit pas et les louanges ne cessent pas non plus. Après avoir enfin trouvé un petit siège, Bouillantes y a posé son séant. Un voyage ébouriffant.

Loulou (Paris, 1er arr.) : assiettes vilaines pour belles mondaines

De Courchevel à Ramatuelle, en passant par Roquebrune et Paris, le concept Loulou, créé par Gilles et Claire Malafosse et racheté par le groupe Barrière, propose dans des lieux extraordinaires une cuisine d’une intense banalité. Ne portant que peu d’attention à la chose culinaire, les mondains s’y retrouvent dans un entre-soi désespérant. Rue de Rivoli, le Loulou parisien sombre dans le ridicule et le vulgaire.

Quand la Réunion s’arrange au rhum 

Parfois moins connu et réputé que ses cousins antillais, le rhum de la Réunion fête cette année les dix ans de son indication géographique (IG). Spécificités organoleptiques, place centrale du rhum arrangé, influence du bio, entretien avec Cyril Isautier, dirigeant de la maison éponyme.