Le Perche a tout pour plaire. Cette région naturelle située entre Paris et la Bretagne (pour faire simple) regorge de vallées verdoyantes, de forêts, de rivières et de belles longères rénovées par des Parisiens (ou des Anglais) qui ont adopté le coin depuis plus de trente ans. Du côté de la restauration, le défi reste pourtant entier. Certains y ont laissé des plumes, à l’instar du chef Sven Chartier et de son restaurant Oiseau Oiseau qui a rapidement été déserté par les locaux, clé de voute de l’équilibre économique. Il a fermé ses portes il y a peu à cause d’un modèle économique – ouverture seulement fin de semaine et week-end – bien trop délicat. À ce jour, le Perche ne compte aucune « grande » table gastronomique.
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Cela n’a pas empêché Christy Erickson, issue du monde du vin, de se lancer dans l’aventure percheronne. Avec une ambition aussi imposante que la belle longère qui héberge ses quelques tables dans le petit village de Perche-en-Nocé. Car si aujourd’hui seul le restaurant a ouvert ses portes, demain, le projet comprendra un potager, une production de cidre, une épicerie, un bar à cocktails et six chambres. Un petit écosystème complet pour se muer en véritable adresse de destination. Et, il faut bien le dire, le charme opère déjà. En cuisine le chef Junha Lee, passée par La Grenouillère d’Alexandre Gauthier et l’Arpège d’Alain Passard, et qui a précédemment dirigé le bistrot 228 litres (Paris, 9e arr.) distille une cuisine végétale séduisante : ‘salade de haricots verts, mayonnaise aux feuilles de figuier, tomates cerises’, ‘concombre, courgette, crème au sésame, feuille de shiso coréen, cucamelon’, ’courgette farcie, tomates anciennes, piment shishito, sauce tomate’ pour les entrées, auxquelles il faut ajouter une jolie ‘langoustine crue, jus de carotte, pickles de carotte, fenouil’. En plats, le choix se faisait entre une ‘aubergine brûlée, sauce au poivron et citronnelle, salade d’herbes’ ou un enivrant ‘filet de volaille des Ailes Frileuses, pomme de terre Oeil-de-Perdrix, blettes, sauce au vin jaune’. Enfin, deux desserts plus simples venaient conclure les agapes : ‘Sablé breton, ganache au chocolat, glace à la crème crue, caramel’ ou ‘cheesecake basque, glace au yaourt’. Deux menus proposés, en trois étapes (40€) ou quatre étapes (45€). Des prix plus que modestes au regard de la qualité des plats. Quant aux amateurs de vins naturels, ils trouveront aisément leur bonheur.
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Lors de ce diner en plein juillet, où il fut possible de prendre l’apéritif et le dessert en extérieur les pieds dans l’herbe, la salle était pleine. Une partie des tables fut même renouvelée. Notre expérience fut plus que convaincante pour une table qui avait ouvert ses portes il y a peu. Reste désormais à tenir sur la longueur, à convaincre les locaux et réussir à développer les projets annoncés sur un territoire qui a bien du mal à faire émerger ses talents culinaires. C’est tout le mal que l’on souhaite à la souriante et professionnelle Christy Erickson.
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Pratique
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Photographie
FPR














































