Que vaut le restaurant Arborescence (Croix) ?

Ouverte en juin 2022, la table de Félix et Nidta Robert remporte tous les suffrages avec des récompenses à gogo et un carnet de réservation bien rempli. Que vaut vraiment ce restaurant ? Bouillant(e)s y est allé.

| L’environnement  |

Un petit immeuble bas dans un quartier sans charme particulier, un parking de quelques places, une terrasse aménagée juste devant qui donne de la profondeur au lieu. L’essentiel est ailleurs, à l’intérieur. 



| Le cadre intérieur |

Deux salles aux éclairages tamisés, avec un plafond comme un ciel lumineux, et des spots longilignes qui en descendent délicatement. Teintes claires, joli bois, des livres, une cuisine joliment ouverte et de l’espace entre les tables. On sent que tout a été pensé, jusqu’au moindre détail. Une ambiance chaude juste comme il faut, rien d’ostentatoire ; on s’y sent bien et tout est fait pour se concentrer sur l’assiette. 



| Le service |

Nul besoin d’en faire trop pour réaliser un juste service. De la discrétion, de la précision et quelques sourires. Besoin de rien de plus pour être heureux.


| L’assiette |

« Tomate piquante », « Merveilleux marin », « Millefeuille de langoustine », « Froid-chaud de rouget », « Raviole d’Aulx »… Le menu d’Arborescence ne fait ni dans le slash, ni dans l’exhaustif : il dit l’essentiel, évitant le grandiloquent, refusant l’aveuglant menu « surprise ». Il y a de la poésie, respectant le dit et le non-dit, le plaisir de la découverte sans se perdre. Et il se trouve que les assiettes suivent cette même réalité, poétique, d’une immense finesse, dynamique, un peu joueuse, enrobante ou droite comme un i, teintes claires ou sombres. Et ce tout fait unité, à l’instar d’une belle chorégraphie qui enchaine avec la force de l’évidence les tableaux sans fausse note. 



| Côté cave |

Une carte plutôt très ramassée mais qui contentera tous les amateurs de flacons. 


| L’expérience globale |

Il y a comme souvent plusieurs niveaux de perception, de lecture et d’analyse d’une table.  De prime abord, sans rien connaitre du parcours du couple créateur, il y a une incontestable maitrise de toute la matrice qui fait du restaurant un écosystème complexe et envoutant. En à peine quatre mois de vie, cette Arborescence bourgeonne de belles idées et impressionne. Puis il y a la lecture de celui qui connait – un peu – le parcours de Felix et Nidta, marqué bien évidemment par une longue et belle expérience à la Grenouillère. Et de cela nait une nouvelle émotion, celle qui émane de la conscience que certains marqueurs de l’art culinaire si singulier d’Alexandre Gauthier s’échappe de la Madelaine et s’émancipe, sans peur de l’inévitable rapprochement, sans crainte de la comparaison, sans fuir les clins d’oeil volontaires, à l’image de la raviole par exemple, ou de certains dressages. Il y a bien évidemment du « Gauthier » ici, mais il y a bien plus : souffle ici un esprit de liberté ; et ce n’est pas si fréquent. Il y a de nombreuses traces évidentes du talent du chef qui va creuser son sillon culinaire, trouver son identité et écrire une histoire dont on a déjà envie de déguster les prochains chapitres. On ne peut que se réjouir de voir de telles tables ouvrir et de si beaux talents émerger.


| Pratique |

Arborescence | 76, rue de la Gare, Croix (59) | 03.20.00.01.82 | r-arborescence.com | Profil Instagram | Crédit photographique : FPR

LES INFOS EXPRESS

14.09 | La 14e édition du guide ‘Les tables de Nantes’ est désormais disponible. Il comprend 167 adresses.

14.09 | Le restaurant Xin Rong Ji vient d’être récompensé de trois étoiles au guide Michelin dans la nouvelle édition du guide Chengdu (Chine). Cette table « appartient à une chaine de restaurant hauts de gamme » précise le communiqué de presse. Est-ce une première mondiale ? Pas impossible.

13.09 | Selon les chiffres de Zenchef, il y a un effet ‘Céline Dion’ sur la restauration de l’ouest parisien. La chanteuse va donner 16 concerts à Paris entre le 12 septembre et le 17 octobre. En résumé : forte anticipation des réservations les soirs de concert, augmentation des réservations dans le 16e arrondissement (+59%), forte augmentation des réservations internationales (25% contre 2,4%), forte progression des réservations sur le créneau de 17h et 70% en plus de tables de cinq ou six personnes par rapport à la moyenne. Merci qui ? Merci Céline.

12.09 | Le chef Domenico Grisafi reprend les rênes des cuisines de l’hôtel Monsieur George (Paris, 8e arr.). L’établissement hébergeait il y a peu le restaurant étoilé Galanga, tenu par le chef Florian Gravelle(parti chez Ducasse Baccarat). Dans un premier temps, le chef d’origine italienne se concentrera sur une offre ‘bistrot’ au déjeuner. Un nouveau projet pourrait voir le jour en 2027. 

11.09 | Le pâtissier Yann Couvreur continue son développement. À Paris, il va prochainement ouvrir une nouvelle boutique rue Beauregard (2e arr.). Il devrait également ouvrir une troisième boutique à Miami (Etats-Unis), une première à Mexico (Mexique), un Yann Couvreur Café à Dubai et deux au Koweit.

11.09 | Elisabeth Hot, elle, est passée par la porte. Elle a quitté son poste de cheffe pâtissière du Plaza Athénée, remplacée par Damien Gibault. « Une nouvelle page s’écrit, dans la continuité de l’excellence qui nous anime chaque jour » écrit Angelo Musa qui coiffe toute la partie sucrée de l’établissement.

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