À quand un vrai débat en France sur le guide Michelin et ses méthodes ? 

Gwendal Poullennec et ses équipes ont tout fait pour que cela passe sous les radars, que personne ne s’en aperçoive et, surtout, que personne ne se questionne sur le pourquoi. L’étoile verte a d’abord été supprimée du site et de l’application en toute discrétion, sans la moindre communication, sans jamais répondre aux chefs qui s’interrogeaient, puis un écho léger en a été fait lors de la cérémonie Suisse en octobre 2025, la plus ‘neutre’ et la moins suivie du monde. Enfin, mi-mai 2026, dans un communiqué de presse dédié au lancement des ‘Voix engagées’, le guide enterrait l’étoile verte en moins de deux lignes. Sans couronne de fleurs. Sans discours. Sans explication. 

La question du pourquoi m’a été posée de nombreuses fois. Et il n’a pas fallu enquêter longtemps pour le comprendre : le Bibendum a été rattrapé par le droit européen qui va imposer, à partir de septembre prochain, la certification de tout label ou distinction en lien avec le développement durable. Sans méthodologie, sans un cahier des charges sérieux, l’étoile verte aurait été retoquée et le guide Michelin accusé de greenwashing. Face au scandale assuré, le guide a préféré prendre les devants. 

Cet épisode démontre une lourde vérité concernant le guide Michelin. Celui-ci lance des projets ambitieux mais ne se donne les moyens de les faire sérieusement. En octobre 2025, Bouillantes avait déjà révélé le scandale des clés hôtelières. Il y a peu, les restaurateurs belges ont découvert que leur pays, mais aussi les Pays-Bas et le Luxembourg, étaient couverts par seulement… trois inspecteurs. Le Michelin se développe partout dans le monde, mais sans y mettre réellement les moyens. Logique quand l’objectif du taulier est de gonfler le bilan de sa petite entreprise. Avec l’étoile verte, plutôt que de se rapprocher d’Écotable ou de structurer sa démarche, autrement dit d’investir un peu d’argent et de temps, il a fait marche arrière, abandonnant pourtant une distinction salutaire et nécessaire pour tout un secteur.

Sur la forme comme sur le fond, le guide Michelin fait preuve de plus en plus de mépris vis-à-vis des restaurateurs comme des hôteliers et, demain, des vignerons. Il y a quelques jours, un restaurateur mexicain déplorait le risque « culturel » du Michelin sur toute la restauration de son pays. À quand un vrai débat en France sur le guide Michelin, ses objectifs et, surtout, sur ses méthodes ?

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