« À votre service » : un documentaire qui dit tout du métier en 59 minutes chrono

À l’opposé du spectacle frelaté de Top Chef et de la survalorisation de la cuisine, le documentaire « À votre service » raconte avec une vérité sans filtre l’apprentissage délicat d’élèves en première année de bac pro métiers de l’hôtellerie et de la restauration. Un bijou brut.

Cela dure exactement 59 minutes et l’on se dit que ça va être compliqué à regarder jusqu’au bout. Car tout démarre mal au lycée Jean-Drouant (Paris, 17e arr.) dans lequel la documentariste Julie Talon a baladé sa caméra pendant plusieurs semaines. Dans l’objectif ? Elma, Nawata, Karim, Moussa ou Sarah, des élèves en première année de bac professionnel métiers de l’hôtellerie et de la restauration. 

D’emblée, la tension s’installe. D’un côté, des professeurs au ton âpre, sans concession, à la limite de l’humiliation ; de l’autre, des élèves dépassés, à la frontière du ridicule, qui rêvent d’ailleurs en expliquant face caméra qu’ils ne voulaient pas être là. Le spectateur souffre presque de regarder ces images, à l’exact opposé de ce que l’on montre ailleurs, dans les programmes de téléréalité standardisé et scénarisé. Ici, c’est du brut de décoffrage, du vrai sur toute la ligne. On sent comme rarement une sincérité de tous les instants, des élèves comme des professeurs qui ignorent la caméra (jusqu’à presque la bousculer une fois ou deux). 

Au fil des minutes, comme dans une bonne série télévisée, on se met à aimer tous ces personnages qui respirent l’authenticité et la sincérité, qui rigolent, qui critiquent leur apprentissage, qui s’interrogent sur leur futur. Surtout, on saisit les évolutions petit à petit et, sans cacher les traits de caractère des uns et des autres, la caméra montre que le métier rentre, que l’envie commence à pointer le bout de son nez quand ils sont sur le terrain, que certains vont y arriver, d’autres non, que tous sont jeunes, très jeunes, trop jeunes peut-être, mais qu’ils ont conscience que le monde du travail va s’imposer à eux. 

À la fin, on en veut encore. Pour suivre les parcours, les inévitables désillusions mais aussi les évidentes réussites à venir. Malheureusement, ce documentaire n’aura jamais la visibilité de Top Chef et n’aura probablement aucune suite. Et pourtant, voilà ce qu’il faut montrer : la réalité d’un apprentissage et d’un métier, entre rejets et découvertes, échecs et réussites.« À votre service », par sa sensibilité sans filtre, a su capter l’essence d’une profession, de la puissance de ses émotions sans la moindre complaisance. Un documentaire qui dit tout du métier.

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Pratique | Documentaire disponible sur Arte jusqu’au 27 novembre | Lien vers le documentaire

Photographie | DR

LES INFOS EXPRESS

18.09 | Trois nouveaux programmes professionnels vont être proposés à l’École Ducasse en 2027, tous trois dédiés au végétal : ‘Essentials of naturalité’ (dispensé en anglais), ‘Vegan pastry essentials » (dispensé en anglais) et ‘Les essentiels de la pâtisserie végane’ (en français). 

18.09 | Le guide Michelin vient d’annoncer sa première sélection qui couvre tout l’Etat du Colorado (Etats-Unis). Le restaurant Milpero, qui propose une cuisine mexicaine, gagne une première étoile. L’État du Colorado, qui se situe dans le centre du pays, compte désormais une table à deux étoiles et neuf à une étoile, pour un total de 40 restaurants recommandés. 

17.09 | Le chef Mingoo Kang, à la tête du restaurant triplement étoilé Mingles (Séoul, Corée du Sud), a ouvert Seok ce jeudi 17 septembre à Paris, au sein du Park Hyatt Paris-Vendôme (Paris, 1er arr.). Il y développe une cuisine coréenne de haut vol. Décoration réalisée par Hugo Toro qui avait fait de même pour le restaurant Pur’ du chef Jean-François Rouquette.

17.09 | Après avoir fermé sa table étoilée, Louis (Paris, 9e arr.), fin 2025, le chef Stéphane Pitré rebondit. Il prend la place de chef de cuisine du restaurant Le Schiap, au sein de l’Hôtel de Berri (Paris, 8e arr.). Menu à 36€ (deux temps) et  42€ (trois temps) ; existence d’une carte à petits prix. 

16.09 | Lancement à Lille jeudi 17 septembre (jusqu’au 19 septembre) de l’exposition ‘Ce qui reste, ce qui disparaît‘ de l’artiste Sophie Coulet. Elle propose « une traversée en cinq escales méditerranéennes qui relie la Grèce, l’Italie, l’Algérie, la France et Chypre à travers des œuvres interrogeant notre rapport à l’alimentation par la mémoire, la transmission, les gestes et les ressources. » (Galerie Pauline Renard, 43 rue Saint-André, Lille)

16.09 | Burger King veut devenir « une destination pour les envies sucrées » et annonce la couleur : « le dessert est un nouveau territoire d’innovation pour BK. » L’enseigne communique donc sur son offre sucrée : lancement cet été des Extra King Fusion, des Baby Churros et de l’Ice Burger, propulsé dans tous les restaurants de France depuis début septembre. BK rappelle que l’après-midi représente 19% des visites en restauration hors domicile et mise donc sur le créneau du « goûter » pour renforcer ses ventes.

15.09 | La directrice de l’association Ernest, qui regroupe deux restaurants (Ernest, Babel) et le festival Chef.fes, est mise en cause par d’anciens salariés. Manquements volontaires de gestion, management toxique, harcèlement moral… Lors du dernier conseil d’administration, quelque 23 témoignages auraient été remontés. L’enquête aurait pris fin suite à la liquidation des restaurants et le licenciement des salariés selon un post relayé sur Instagram par MEP Collectif.

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