L’Ormoie (Perche-en-Nocé, 61) : le bel espoir percheron

Depuis le mois de juin, une « nouvelle table d’auteur » a vu le jour en pleine nature percheronne. L’Ormoie, tenue par un chef au beau parcours, propose une cuisine locale et végétale engagée. Le pari est aussi risqué qu’ambitieux, mais la qualité était au rendez-vous de notre diner estival. Reste à convaincre la clientèle sur le long terme et en toute saison.

Le Perche a tout pour plaire. Cette région naturelle située entre Paris et la Bretagne (pour faire simple) regorge de vallées verdoyantes, de forêts, de rivières et de belles longères rénovées par des Parisiens (ou des Anglais) qui ont adopté le coin depuis plus de trente ans. Du côté de la restauration, le défi reste pourtant entier. Certains y ont laissé des plumes, à l’instar du chef Sven Chartier et de son restaurant Oiseau Oiseau qui a rapidement été déserté par les locaux, clé de voute de l’équilibre économique. Il a fermé ses portes il y a peu à cause d’un modèle économique – ouverture seulement fin de semaine et week-end – bien trop délicat. À ce jour, le Perche ne compte aucune « grande » table gastronomique. 

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Cela n’a pas empêché Christy Erickson, issue du monde du vin, de se lancer dans l’aventure percheronne. Avec une ambition aussi imposante que la belle longère qui héberge ses quelques tables dans le petit village de Perche-en-Nocé. Car si aujourd’hui seul le restaurant a ouvert ses portes, demain, le projet comprendra un potager, une production de cidre, une épicerie, un bar à cocktails et six chambres. Un petit écosystème complet pour se muer en véritable adresse de destination. Et, il faut bien le dire, le charme opère déjà. En cuisine le chef Junha Lee, passée par La Grenouillère d’Alexandre Gauthier et l’Arpège d’Alain Passard, et qui a précédemment dirigé le bistrot 228 litres (Paris, 9e arr.) distille une cuisine végétale séduisante : ‘salade de haricots verts, mayonnaise aux feuilles de figuier, tomates cerises’, ‘concombre, courgette, crème au sésame, feuille de shiso coréen, cucamelon’, ’courgette farcie, tomates anciennes, piment shishito, sauce tomate’ pour les entrées, auxquelles il faut ajouter une jolie ‘langoustine crue, jus de carotte, pickles de carotte, fenouil’. En plats, le choix se faisait entre une ‘aubergine brûlée, sauce au poivron et citronnelle, salade d’herbes’ ou un enivrant ‘filet de volaille des Ailes Frileuses, pomme de terre Oeil-de-Perdrix, blettes, sauce au vin jaune’. Enfin, deux desserts plus simples venaient conclure les agapes : ‘Sablé breton, ganache au chocolat, glace à la crème crue, caramel’ ou ‘cheesecake basque, glace au yaourt’. Deux menus proposés, en trois étapes (40€) ou quatre étapes (45€). Des prix plus que modestes au regard de la qualité des plats. Quant aux amateurs de vins naturels, ils trouveront aisément leur bonheur. 

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Concombre, courgette, crème au sésame, feuille de shiso coréen, cucamelon’
Langoustine crue, jus de carotte, pickles de carotte, fenouil

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Lors de ce diner en plein juillet, où il fut possible de prendre l’apéritif et le dessert en extérieur les pieds dans l’herbe, la salle était pleine. Une partie des tables fut même renouvelée. Notre expérience fut plus que convaincante pour une table qui avait ouvert ses portes il y a peu. Reste désormais à tenir sur la longueur, à convaincre les locaux et réussir à développer les projets annoncés sur un territoire qui a bien du mal à faire émerger ses talents culinaires. C’est tout le mal que l’on souhaite à la souriante et professionnelle Christy Erickson. 

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Pratique

L’Ormoie sur Instagram

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Photographie

FPR

LES INFOS EXPRESS

15.09 | La directrice de l’association Ernest, qui regroupe deux restaurants (Ernest, Babel) et le festival Chef.fes, est mise en cause par d’anciens salariés. Manquements volontaires de gestion, management toxique, harcèlement moral… Lors du dernier conseil d’administration, quelque 23 témoignages auraient été remontés. L’enquête aurait pris fin suite à la liquidation des restaurants et le licenciement des salariés selon un post relayé sur Instagram par MEP Collectif.

14.09 | La 14e édition du guide ‘Les tables de Nantes’ est désormais disponible. Il comprend 167 adresses.

14.09 | Le restaurant Xin Rong Ji vient d’être récompensé de trois étoiles au guide Michelin dans la nouvelle édition du guide Chengdu (Chine). Cette table « appartient à une chaine de restaurant hauts de gamme » précise le communiqué de presse. Est-ce une première mondiale ? Pas impossible.

13.09 | Selon les chiffres de Zenchef, il y a un effet ‘Céline Dion’ sur la restauration de l’ouest parisien. La chanteuse va donner 16 concerts à Paris entre le 12 septembre et le 17 octobre. En résumé : forte anticipation des réservations les soirs de concert, augmentation des réservations dans le 16e arrondissement (+59%), forte augmentation des réservations internationales (25% contre 2,4%), forte progression des réservations sur le créneau de 17h et 70% en plus de tables de cinq ou six personnes par rapport à la moyenne. Merci qui ? Merci Céline.

12.09 | Le chef Domenico Grisafi reprend les rênes des cuisines de l’hôtel Monsieur George (Paris, 8e arr.). L’établissement hébergeait il y a peu le restaurant étoilé Galanga, tenu par le chef Florian Gravelle(parti chez Ducasse Baccarat). Dans un premier temps, le chef d’origine italienne se concentrera sur une offre ‘bistrot’ au déjeuner. Un nouveau projet pourrait voir le jour en 2027. 

11.09 | Le pâtissier Yann Couvreur continue son développement. À Paris, il va prochainement ouvrir une nouvelle boutique rue Beauregard (2e arr.). Il devrait également ouvrir une troisième boutique à Miami (Etats-Unis), une première à Mexico (Mexique), un Yann Couvreur Café à Dubai et deux au Koweit.

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