Ce n’est pas prendre trop de risques que d’annoncer que les Voix Engagées vont rapidement prendre une voie de garage. Ce programme, supposé compenser l’arrêt forcé de l’étoile verte par manque de sérieux, n’a ni queue, ni tête.
Si, pardon, il y a des têtes, dessinées par un « artiste » français, qui ont oublié d’être ressemblantes. Quant aux petits textes, qui sont censés définir les engagements des chefs, des vignerons ou des hôteliers inspirants, ils ne dépassent pas les trois lignes. Pire encore, ils sont la plupart du temps dépassés, voire faux. L’intelligence artificielle caoutchouteuse du Bibendum a raté sa mise à jour. Toutes les personnes qui ont été interrogées par Bouillantes reconnaissent que le résultat est catastrophique.
Comme je l’ai écrit à plusieurs reprises déjà, le guide Michelin semble plus obsédé par un développement à tout crin que par la qualité et l’éthique de sa production. Ouvrir des sélections et promettre des étoiles partout dans le monde contre une confortable rémunération, voilà le nouveau credo du guide. Et, désormais, voilà des « voix engagées » qui ne se reconnaissent ni dans leur texte lilliputien, ni dans leur portrait ‘artistique’. Le Bibendum devient caricatural dans sa dérive économique. Au final, plus personne, ou une infime minorité, ne s’identifie à ce guide. Le Michelin est né du développement de l’automobile et des besoins naissants des titulaires d’un véhicule. C’est désormais au guide lui-même de retourner au garage pour une révision complète.
Franck Pinay-Rabaroust
















































