Bruno Verjus ou le coup d’état permanent. Je ne suis pas certain que la référence faite à un livre de François Mitterrand le ravisse, mais nul doute qu’il y a de ça chez ce cuisinier : des coups d’éclat comme des coups d’état qu’il pratique avec une certaine dextérité et une intelligence certaine. Il énerve, il divise, il ne fait rien comme tout le monde. Il emmerde son monde, et ça le fait bien marrer. Bruno Verjus est un mauvais garçon. Et à titre personnel, sans surprise, j’aime ça.
Mardi 8 septembre, avec l’art de la narration, le regard brillant teinté d’humilité et de pleine assurance, il nous balance en pleine poire dans une courte vidéo en noir et blanc que ‘le fine dining est mort’. In english please. C’est que, comme il dit, « en France je ne suis pas grand-chose, mais à l’étranger je suis une star. » Il est vrai que du haut de sa Table, il regardait le monde entier, et le monde entier lui rendait bien. L’homme n’est pas modeste, il ne l’a jamais été. Il sait porter beau. Il sait causer. Il sait affirmer. Dans le grand entretien qu’il a accordé à Bouillantes, il ne mâche pas ses mots. Il donne sa vision du monde. Il tacle à hauteur des genoux. Chacun jugera de sa propre table. Avec son nouveau projet, certains diront qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, d’autres attendrons de voir pour juger. Un coup d’épée dans l’eau ou un nouveau coup d’éclat « pour montrer à la nouvelle génération qu’il est possible de faire du sublime pour le plus grand nombre » comme il l’explique sur Bouillantes ? Un nouveau coup d’état ? Révolte ou révolution ? Verjus putschiste, ça lui va si bien.
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Photographie
Pascal Ito
















































