La belle et haute gastronomie s’échappe

Alors que de nombreuses tables étoilées ferment les unes après les autres, quel avenir pour la 'haute' gastronomie en France ? La question doit être posée.

La belle et haute gastronomie s’échappe. Elle se dilue dans une époque qui veut du facile, du rapide, du simple. Du réconfortant sans risque. Il suffit de voir le recul très net de l’usage du mot ‘expérience’ dans la communication culinaire pour comprendre que le statut de la table change à grande vitesse : je vais au restaurant pour me faire du bien, pas pour plonger dans l’inconnu, aussi prometteur soit-il.

En quelques jours, j’ai annoncé sur Bouillantes de nombreuses fermetures ou de nouveaux positionnements. C’est encore le cas aujourd’hui (lire ci-dessous) et la tendance ne devrait pas s’inverser dans les prochaines semaines. Même le triangle d’or parisien, que l’on aurait pu penser épargné, change de paradigme. 

Dans les mois à venir, l’emballement politique et médiatique lié à la future élection présidentielle et, avant, la discussion du budget, ne vont certainement pas inverser le mouvement. Si la tendance est là, il faut l’accepter. Mais se résigner ne doit pas nous empêcher de réfléchir dès maintenant aux conséquences multiples de ce recul de la gastronomie – que l’on peut qualifier de ‘haute’ ou ’étoilée’ – à Paris et en province. Affaiblissement d’un patrimoine, affadissement d’un idéal, déclin de la formation et de l’apprentissage par manque de ‘grandes’ brigades ambitieuses…

Les investisseurs ne veulent plus de gastronomie étoilée en France, c’est un fait incontestable. Une vraie réflexion doit être ouverte sur le sujet, englobant tous les acteurs – y compris le guide Michelin -, pour (re)penser le restaurant. L’ambition semble un peu folle. Mais voir la belle et haute gastronomie s’échapper l’est tout autant. 

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LES INFOS EXPRESS

04.09 | C’est la surprise du jour. Cyril Lignac va prendre en charge la cuisine du restaurant Lucas Carton (Paris, 8e arr.) récemment racheté par Laperouse Holding. Le chef médiatique prend la suite d’Hugo Bourny. Selon nos informations, l’ambition n’est pas du tout de proposer une cuisine gastronomique à vocation étoilée, mais une cuisine de type bistronomique à la Chardenoux. Dommage. 

04.09 | La dixième édition du prix ‘Mange, Livre !‘ se déroulera à Lille le 14 septembre. « Depuis 2016, le collectif met à l’honneur des ouvrages qui interrogent nos façons de produire, de cuisiner et de consommer, tout en nourrissant le débat autour des enjeux alimentaires d’aujourd’hui et de demain. » Dix livres sont en compétition.

04.09 | Selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs GSC-Altares, 5 057 chefs d’entreprise du CHR ont perdu leur emploi au premier semestre 2026, soit une haute de 10% en un an. Cela représente près de 200 dirigeants chaque semaine, dont 80% pour le seul secteur de la restauration.

02.09 | Selon une étude de Dujour.pro, les réservations via des assistants IA ont bondi cet été, passant de 1,5% à 7,1% par rapport à l’an dernier sur la même période. L’étude montre également que l’utilisation du bouton ‘Réserver une table’ de la fiche Google du restaurant progresse de 17% (à noter : la société est partenaire de Google). Parmi les autres chiffres : deux clients sur trois réservent en ligne quand cela est possible ; près d’une réservation sur quatre (23,9%) se décide moins de trois heures avant de passer à table. L’étude porte sur 500 restaurants.

02.09 | ‘Humiliations, journées sans fin et hygiène douteuse : Pierre Sang, le cuisinier star qui terrorise ses équipes’ : Médiapart a publié, lundi 1er septembre, une enquête sur le chef Pierre Sang. En cause ? « Un contrôle permanent, des propos humiliants, un rythme infernal (…), des problèmes liés à la propreté des cuisines ou à des produits surgelés servis comme des plats gastronomiques. »

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