La découpe bouchère au patrimoine culturel immatériel national

Circonscrire, inscrire, protéger et figer : notre époque, qui a peur d’elle-même comme jamais, aime pétrifier dans le marbre ce qui constitue le fruit vivant – donc en mouvement – de ce qu’elle nomme « patrimoine ». Ainsi en est-il désormais des savoir-faire de la découpe bouchère à la française qui font leur entrée au patrimoine culturel immatériel national. 

«En tant que Président de la CFBCT, il me tenait particulièrement à cœur de faire valoir la qualité des gestes et des techniques que nous avons reçus en héritage par nos maîtres d’apprentissage que nous mettons en pratique au quotidien dans nos boucheries et que nous transmettons à notre tour à nos apprentis. L’inclusion de notre savoir-faire comme partie intégrante du patrimoine culturel immatériel français est l’aboutissement d’un travail de longue haleine mené pendant deux ans par la CFBCT avec le précieux soutien du monde universitaire et de la recherche scientifique. C’est une grande fierté d’avoir obtenu cette prestigieuse reconnaissance de la part du ministère de la Culture, et nous mesurons le rôle de transmission que nous avons à jouer pour participer à la sauvegarde de ce savoir-faire unique auquel nous sommes profondément attachés » explique Jean-François Guihard, président de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT). 

La CFBCT estime à 80 000 le nombre d’artisans qui pratiquent en France les savoir-faire de la découpe bouchère, présents dans quelque 18 000 points de vente.

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Shamona Viallet (propriétaire de Maison Ruggieri) : « Vous m’appelez pour écrire un article mais vous ne savez pas qui je suis »

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