Hakuba (Paris, 1er arr.) : plénitude à tous les étages

Au rez-de-chaussée du Cheval Blanc Paris, la cuisine « boulangère » de Maxime Frédéric a cédé sa place depuis plusieurs mois aux menus omakase d’Hakuba, table « gastronomique dans un Japon ritualisé » dirigée par Takuya Watanabe et orientée par Arnaud Donckele. Le résultat est ébouriffant.

On a beau fréquenté assez régulièrement les « grandes » tables », il n’est jamais facile de « juger » (pardon pour ce gros mot) un restaurant qui propose une cuisine éloignée de nos standards, tant dans le rythme que dans l’écriture culinaire. Point de séquences entrée-plat-dessert, nul pain et beurre ou huile d’olive, aucun repère ou presque pour borner l’expérience, pas même des tables individuelles. Ici, c’est comptoir, face au chef à la bouille bien ronde et au crâne rasée de près, qui enchaine les plats selon un rythme que lui seul impose. Pour celles et ceux qui ne suivent la cadence, nulle rodomontade à craindre. Le client reste roi et disons-le, il est ici traité comme tel. À tous égards. 

Au jugement, péremptoire et subjectif, il est préférable de se laisser porter, transporter même, par les enchainements de séquences, parfois minimalistes, qui se jouent des textures et des températures avec une finesse toute japonaise. On se surprend à fermer les yeux pour mieux laisser les papilles partir à la rencontre de toutes les saveurs ; on se surprend aussi à oublier l’environnement parisien, savamment caché par une décoration épurée, pour se croire là-bas, tout là-bas. Nul temps mort pour ce repas maitrisé de bout en bout, magnifié par les accords sakés et vins (japonais !) expliqués à la perfection par le sommelier Emmanuel Cadieu. Exigence japonaise de Takuya Watanabe, fibres artistiques et saucières d’Arnaud Donckele, sublimes notes sucrées distillées par Maxime Frédéric, la table Hakuba impressionne, tout comme son frère culinaire si différent et si semblable au première étage. Plénitude. 

En ce mois de mars 2025, à quelques jours de la cérémonie du guide Michelin, on ne peut que se questionner sur ce que va lui réserver le Bibendum. Deux ? Trois étoiles d’un coup d’un seul, à l’instar de Plénitude justement ? Laissons la question en suspens, évacuons tout jugement et gardons en mémoire la beauté du lieu et la puissance culinaire de ces bouchées furtives et persistantes. Le Japon dans toute sa splendeur. 

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PratiqueLien vers le site d’Hakuba
Photographies | FPR

LA PLATEFORME BOUILLANTES

LES INFOS EXPRESS

06 juillet | Après Prunier, L’Auberge Bressane et, dernièrement, le Lucas Carton, le groupe Lapérouse Holding, du duo Benjamin Patou et Antoine Arnault, ont mis la main sur le Relais Louis XIII (Paris, 6e arr.), ex-table du chef Manuel Martinez, doublement étoilée jusqu’en 2006. 

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06 juillet | Le cuisinier Sébastien Richard a annoncé la création, aux cotés de Samuel Mougin, du mouvement TERRE. Ce mouvement « rassemble des actrices et acteurs du vivant : producteurs, restaurateurs, acteurs de la restauration collective, chercheurs, artisans du goût, collectivités, structures de l’ESS et citoyens engagés, unis par une conviction commune : une alimentation saine, durable et éthique n’est pas un luxe, c’est une nécessité ».

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