Gin et string, l’oeil d’Emmanuelle Levesque

Une photographie choisie sur les réseaux sociaux, un décryptage, un point de vue de la photographe spécialisée, ex-éditrice, Emmanuelle Levesque. Aujourd'hui, un gin et un string. 

Inclassable dans le domaine de la photographie culinaire, cette photo se situe plutôt dans celui de la photographie de produit. Cette image destinée à vendre de l’alcool répond systématiquement à des codes, elle est même encadrée par la législation.Or, cette photo sort incontestablement de tous les stéréotypes de la publicité pour les spiritueux. Le personnage est-il homme, femme ? Voilà qui est très difficile, voire impossible à définir d’emblée ! Nu ou quasi nu, le modèle se dévoile de dos, muscles saillants et fesses bombées, mises en valeur par un string noir, qui renforce l’ambiguïté de genre et apporte une forte tension sexuelle. Le casque de scaphandrier – accessoire aussi inattendu que décalé – donne une aura de mystère au personnage et le projette dans un univers fantasmagorique digne de celui de Jules Verne ! A droite, la bouteille de gin, saisie comme une massue, se fait à la fois omniprésente et inexistante. Paul Stefanaggi interpelle fortement et drastiquement le spectateur, avec une mise en scène ou l’on devine, plus qu’on ne voit, la bouteille, qui devrait être selon toute logique le centre de toutes les attentions. La présence humaine, intrigante et ultra contemporaine, voire futuriste, en tient lieu, elle est bien à l’image de ce gin biologique, élevé en amphore. Cette photo est une sorte d’ovni sortant des sentiers battus de la communication des grands groupes de spiritueux.

_

Pratique | Paul Stefanaggi sur Instagram 

_

Photographe culinaire et auteure de plus de 12 livres de cuisine, Emmanuelle Levesque passe sa vie en reportage, en studio et à table | emmanuellelevesque.com | emmanuelle.levesque@gmail.com | @emmanuelle_levesque

LES INFOS EXPRESS

08.09 | Dans une vidéo postée mardi 8 septembre, le chef Bruno Verjus annonce la fermeture définitive de son restaurant doublement étoile ‘Table’ (Paris, 12e arr.). Il explique que le ‘fine dining’ est mort et qu’il ne se sent plus à l’aise avec la dimension ‘exclusive’ de son établissement et qu’il estime « perpétuer des pratiques d’un autre temps ». « Je veux nourrir les gens et pas seulement une poignée de privilégiés » explique-t-il. 

08.09 | La remise des prix de la septième édition des TheFork Awards aura lieu à Bordeaux le 30 novembre. Quelque 85 chefs ont nommé autant de restaurateurs susceptibles de remporter un prix. Clôture des votes le 19 octobre. 

07.09 | Le chef Jules Niang a annoncé sur les réseaux sociaux la fermeture définitive de son restaurant lyonnais, Petit Ogre (3e arr.). « C’est avec beaucoup d’émotion que je vous annonce que Petit Ogre ne rouvrira malheureusement pas ses portes. Cette décision est sans doute l’une des plus difficiles que j’aie eu à prendre, tant ce lieu a fait partie de ma vie et de celle de milliers de personnes. J’en mesure pleinement l’impact.  Mais la réalité est que je suis vraiment à bout de souffle et que je ressens aujourd’hui la nécessité de tourner cette page. Petit Ogre a représenté bien plus qu’un restaurant : une aventure humaine, des rencontres, des défis, des moments de partage et de très beaux souvenirs. »

07.09 | L’Hôtel du Palais de Biarritz a licencié son chef pâtissier Aleksandre Oliver. Comme l’explique le journal Sud Ouest, une procédure aux Prud’hommes l’opposait depuis de longs mois à son employeur. « C’est la fin de plusieurs mois difficiles, durant lesquels la direction a tenté de me virer. J’ai été au boulot jusqu’au bout, mais l’issue ne faisait pas de doute. Je suis licencié, mais libéré en fin de compte » explique le pâtissier qui avait démarré dans le célèbre hôtel en 2021.

07.09 | Le restaurant La Chebaudière, situé à Auray (Morbihan) fermera définitivement ses portes le 10 septembre. Le chef François Demassard a annoncé qu’il réfléchissait à un autre projet. L’établissement d’Auray rouvrira prochainement avec une nouvelle équipe et un nouveau nom. La Chebaudière était récompensé d’un Bib Gourmand au guide Michelin. 06.09 | Après une vingtaine d’années passées dans le groupe Four Seasons, puis cinq années à la tête du groupe Jumeirah, José Silva prend la présidence du groupe hôtelier Maybourne. Ce dernier possède entre autres le Claridge’s et The Connaught (Londres) et le Maybourne Riviera (Roquebrune-Cap-Martin). Maybourne devrait ouvrir un établissement à Paris en 2027, en lieu et place de l’ancien ministère de la Défense, dans le 7e arrondissement parisien. 

_

Tous les « express » sont à lire uniquement sur notre newsletter abonné(e) ‘La Matinale de 8h30’ | Abonnez-vous

LES DERNIERS ARTICLES