Ras-le-bol des calendriers de l’avent gourmands

Il y avait les bûches et les galettes et, désormais, il y a les calendriers de l’avent. Pas un jour sans recevoir un mail, voire plusieurs, pour vanter ces créations commerciales qui proposent neuf fois sur dix de vous enfiler chaque jour dans le gosier une atrocité culinaire en petit format. 31 cases, 31 doses : ces calendriers ressemblent à une opération festive de mithridatisation au service de l’industrie agroalimentaire.

La presse a ses marronniers, la communication a forcément les siens. La presse a ses contraintes, la communication… aussi. Ce qui provoque des errements calendaires surprenants. Ainsi, le premier mail reçu cette année pour nous convier à une dégustation de bûches de Noël et de galettes des rois a été envoyé… le 9 juillet. Depuis, ils se comptent par dizaines, avec une accélération sensible en septembre. Les bouclages de la presse papier doivent être anticipés. Telle est la règle bien connue des services de communication et autres agences de presse. Lesquels ne chôment pas puisque, désormais, outre nos bûches et galettes, et avant les chocolats de Pâques, viennent se greffer dans le calendrier de fin d’année les calendriers de l’avent « gourmand ». 

« Et si, cette année, l’Avent racontait la France à travers ses saveurs ? », voilà l’attaque prometteuse d’un mail vantant trois calendriers d’un coup : fromages pour l’un, vins pour l’autre et saucissons pour le dernier. Les amateurs ont désormais le choix puisqu’il existe des calendriers à tout ou presque. Selon une étude, les mots « calendrier de l’avent  saucisson » seraient en tête des recherches sur Internet, devancés tout de même par celui de la marque Sephora. Quant à l’item « calendrier de l’avent chocolat », il n’arriverait qu’en septième position. En matière comestible, l’inventivité semble sans limite ou presque : infusion, caviar, café… Une marque a même fait le choix de proposer deux confiseries ou chocolats dans une même case « pour contrer la frustration ». 

S’il y a bien dans le lot quelques calendriers de qualité, la très grande majorité d’entre eux se résument à accumuler dans une belle boite des produits industriels trop gras et trop sucrés, au service de la cause agroalimentaire. Si cette part d’enfant que nous conservons tous aime encore l’idée de la petite gâterie surprise, la raison nous oblige à rejeter ce qui n’est qu’au final de basses opérations commerciales bas de gamme. Ras-le-bol des calendriers de l’Avent gourmands.

LES INFOS EXPRESS

04.09 | C’est la surprise du jour. Cyril Lignac va prendre en charge la cuisine du restaurant Lucas Carton (Paris, 8e arr.) récemment racheté par Laperouse Holding. Le chef médiatique prend la suite d’Hugo Bourny. Selon nos informations, l’ambition n’est pas du tout de proposer une cuisine gastronomique à vocation étoilée, mais une cuisine de type bistronomique à la Chardenoux. Dommage. 

04.09 | La dixième édition du prix ‘Mange, Livre !‘ se déroulera à Lille le 14 septembre. « Depuis 2016, le collectif met à l’honneur des ouvrages qui interrogent nos façons de produire, de cuisiner et de consommer, tout en nourrissant le débat autour des enjeux alimentaires d’aujourd’hui et de demain. » Dix livres sont en compétition.

04.09 | Selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs GSC-Altares, 5 057 chefs d’entreprise du CHR ont perdu leur emploi au premier semestre 2026, soit une haute de 10% en un an. Cela représente près de 200 dirigeants chaque semaine, dont 80% pour le seul secteur de la restauration.

02.09 | Selon une étude de Dujour.pro, les réservations via des assistants IA ont bondi cet été, passant de 1,5% à 7,1% par rapport à l’an dernier sur la même période. L’étude montre également que l’utilisation du bouton ‘Réserver une table’ de la fiche Google du restaurant progresse de 17% (à noter : la société est partenaire de Google). Parmi les autres chiffres : deux clients sur trois réservent en ligne quand cela est possible ; près d’une réservation sur quatre (23,9%) se décide moins de trois heures avant de passer à table. L’étude porte sur 500 restaurants.

02.09 | ‘Humiliations, journées sans fin et hygiène douteuse : Pierre Sang, le cuisinier star qui terrorise ses équipes’ : Médiapart a publié, lundi 1er septembre, une enquête sur le chef Pierre Sang. En cause ? « Un contrôle permanent, des propos humiliants, un rythme infernal (…), des problèmes liés à la propreté des cuisines ou à des produits surgelés servis comme des plats gastronomiques. »

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