La belle et haute gastronomie s’échappe

Alors que de nombreuses tables étoilées ferment les unes après les autres, quel avenir pour la 'haute' gastronomie en France ? La question doit être posée.

La belle et haute gastronomie s’échappe. Elle se dilue dans une époque qui veut du facile, du rapide, du simple. Du réconfortant sans risque. Il suffit de voir le recul très net de l’usage du mot ‘expérience’ dans la communication culinaire pour comprendre que le statut de la table change à grande vitesse : je vais au restaurant pour me faire du bien, pas pour plonger dans l’inconnu, aussi prometteur soit-il.

En quelques jours, j’ai annoncé sur Bouillantes de nombreuses fermetures ou de nouveaux positionnements. C’est encore le cas aujourd’hui (lire ci-dessous) et la tendance ne devrait pas s’inverser dans les prochaines semaines. Même le triangle d’or parisien, que l’on aurait pu penser épargné, change de paradigme. 

Dans les mois à venir, l’emballement politique et médiatique lié à la future élection présidentielle et, avant, la discussion du budget, ne vont certainement pas inverser le mouvement. Si la tendance est là, il faut l’accepter. Mais se résigner ne doit pas nous empêcher de réfléchir dès maintenant aux conséquences multiples de ce recul de la gastronomie – que l’on peut qualifier de ‘haute’ ou ’étoilée’ – à Paris et en province. Affaiblissement d’un patrimoine, affadissement d’un idéal, déclin de la formation et de l’apprentissage par manque de ‘grandes’ brigades ambitieuses…

Les investisseurs ne veulent plus de gastronomie étoilée en France, c’est un fait incontestable. Une vraie réflexion doit être ouverte sur le sujet, englobant tous les acteurs – y compris le guide Michelin -, pour (re)penser le restaurant. L’ambition semble un peu folle. Mais voir la belle et haute gastronomie s’échapper l’est tout autant. 

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FPR

LES INFOS EXPRESS

07.09 | L’Hôtel du Palais de Biarritz a licencié son chef pâtissier Aleksandre Oliver. Comme l’explique le journal Sud Ouest, une procédure aux Prud’hommes l’opposait depuis de longs mois à son employeur. « C’est la fin de plusieurs mois difficiles, durant lesquels la direction a tenté de me virer. J’ai été au boulot jusqu’au bout, mais l’issue ne faisait pas de doute. Je suis licencié, mais libéré en fin de compte » explique le pâtissier qui avait démarré dans le célèbre hôtel en 2021.

07.09 | Le restaurant La Chebaudière, situé à Auray (Morbihan) fermera définitivement ses portes le 10 septembre. Le chef François Demassard a annoncé qu’il réfléchissait à un autre projet. L’établissement d’Auray rouvrira prochainement avec une nouvelle équipe et un nouveau nom. La Chebaudière était récompensé d’un Bib Gourmand au guide Michelin. 06.09 | Après une vingtaine d’années passées dans le groupe Four Seasons, puis cinq années à la tête du groupe Jumeirah, José Silva prend la présidence du groupe hôtelier Maybourne. Ce dernier possède entre autres le Claridge’s et The Connaught (Londres) et le Maybourne Riviera (Roquebrune-Cap-Martin). Maybourne devrait ouvrir un établissement à Paris en 2027, en lieu et place de l’ancien ministère de la Défense, dans le 7e arrondissement parisien. 

04.09 | C’est la surprise du jour. Cyril Lignac va prendre en charge la cuisine du restaurant Lucas Carton (Paris, 8e arr.) récemment racheté par Laperouse Holding. Le chef médiatique prend la suite d’Hugo Bourny. Selon nos informations, l’ambition n’est pas du tout de proposer une cuisine gastronomique à vocation étoilée, mais une cuisine de type bistronomique à la Chardenoux. Dommage. 

04.09 | La dixième édition du prix ‘Mange, Livre !‘ se déroulera à Lille le 14 septembre. « Depuis 2016, le collectif met à l’honneur des ouvrages qui interrogent nos façons de produire, de cuisiner et de consommer, tout en nourrissant le débat autour des enjeux alimentaires d’aujourd’hui et de demain. » Dix livres sont en compétition.

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