Ticket-restaurant : faut-il tout remettre à plat ? 

Quel intérêt à l’appeler encore ainsi ? Titre ou ticket, peu importe, mais restaurant ? Quand on sait qu’il pourrait être utilisé chez Décathlon ou équivalent sur simple demande selon les mots de la présidente de la Commission nationale des titres-restaurants (CNTR), il y a de quoi se poser des questions. Depuis sa création en 1962 par Jacques Borel, il n’a cessé d’être incompris, mal utilisé, dévoyé et, comme je l’écris dans l’article du jour, mal né. Quand on sait en outre qu’il coûte à l’Etat français la modique somme d’1,5 milliard d’euros  par an, il semble venu le temps d’une refonte complète du système. 

Ce n’est pas ici, entre un café et un croissant, et en quelques lignes, que la solution miracle va émerger. Mais il faut repenser le système, sauf à augmenter toujours plus les incompréhensions et tordre jusqu’à la casse une idée qui, mine de rien, ne manque pas d’intérêt. Sauf que la part du restaurant n’a cessé de se réduire pour laisser place à l’idée de l’alimentation, voire de la « nourriture » pour reprendre le vocable de la CNTR. Dans les faits, cela choquera probablement, mais le titre-restaurant ressemble de plus en plus à un ticket de rationnement moderne. 

Que les acteurs du système se regroupent autour de la table et qu’ils remettent à plat tout le système. Jusqu’à créer deux entités différentes, dont une qui serait entièrement réservée au secteur de la restauration, sans exception, sans ambiguïté. Simple sur le papier ? Oui. Dans les faits, cela ne semble pas si compliqué que ça. Oui mais. Car cela obligerait à mettre sur la table deux grandes questions : celle de l’alimentation, en quantité et en qualité, des Français et celle de la définition du restaurant, autrement dit ses frontières. 

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