En lisant la presse ce matin, tout le monde sera d’accord pour dire que le Plaza Athénée s’est séparé de Jean Imbert. Le divorce pour faute est même annoncé à « effet immédiat », deux mots loin d’être anecdotiques : ils renforcent la dureté d’une décision qui s’impose au condamné sans pouvoir faire appel. Oui, le palace a pris son temps, il a réfléchi, il a respecté une situation délicate, entre hallali des réseaux sociaux, pression médiatique, incertitude judiciaire et logique économique. Mais il a tranché en faveur de l’échafaud. On a presque envie d’applaudir cette décision qui semblait inévitable. Voilà ce que l’on se dit en lisant la presse. Sauf que l’enfumage est ici total.
Il y a dans le journalisme une règle de base : la hiérarchisation de l’information. Pour faire simple : la grosse information au début de l’article, les détails après. Bien évidemment, les experts de la communication savent noyer le poisson comme on dit : quand la grosse info dérange, elle est volontairement mélanger avec d’autres, moins polémiques. Parfois la mayonnaise prend, parfois elle ne prend pas. Là, avec l’annonce du départ de Jean Imbert, nous sommes dans un bijou de communication, une leçon même. Même l’AFP a été enfumée en ne retenant qu’un seul élément : Imbert viré.
Alors, quelle est la bonne hiérarchisation de l’information dans cette histoire : c’est que tout bonnement Jean Imbert reste en place au Plaza Athénée. Et c’est ce que nous expliquons dans les deux articles ci-dessous. Il n’est nullement viré, évincé, jeté par la grande porte. Il reste le bougre ! Est-il seulement rétrogradé du poste de « chef » à celui de « directeur artistique » ? Absolument pas ! Jean Imbert n’a jamais été le chef du Plaza Athénée, il n’a jamais cuisiné là-bas. Il n’a toujours été qu’un conseiller culinaire et une vitrine de communication du palace. « Directeur artistique » dans le monde de la cuisine, c’est quoi ? Personne ne le sait mais ça fait bien. En réalité, Jean Imbert vient de connaître une promotion. À l’opposé de toutes les titrailles de la presse qui n’a pas pris le temps de l’analyse. Pourtant, il y a une preuve qui s’impose là, comme une évidence : le nom du restaurant, qui porte toujours le nom du chef accusé. Va-t-il changer avec « effet immédiat » ? Absolument pas. Il changera peut-être, mais pas sûr. Tout est dit.
_
Sur le même sujet
_
Photographie | DR







































