Le chiffre interpelle : en trois ans, la Champagne est passée de 326 millions de bouteilles expédiées à 266,4 millions, soit près de 50 millions de bouteilles en moins. Une baisse de 15 % qui, sans être officiellement qualifiée de crise, traduit un net ralentissement de la filière, comme le souligne L’Union – Terre de Champagne.
2022 avait été une année exceptionnelle, dopée par la reprise post-Covid et par des phénomènes de surstockage. Depuis, les ventes déclinent régulièrement. Le contexte économique y est pour beaucoup : inflation, hausse du coût de la vie et prudence des consommateurs ont pesé sur les achats, surtout pour un produit festif et associé aux moments de célébration.
Mais le recul ne s’explique pas uniquement par la conjoncture. Les usages évoluent aussi. Le champagne est moins consommé spontanément et davantage réservé aux grandes occasions. Certains professionnels y voient un changement durable des habitudes, d’autres rappellent que la filière ajuste volontairement ses volumes pour préserver la valeur et l’image du produit. La Champagne reste connue et solide, mais cette période semble marquer la fin d’un cycle et pousse la filière à revoir sa stratégie et sa façon de toucher les consommateurs.
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