Etsi (Paris, 18e arr.) : plaisirs grecs

Lors de son ouverture, il y a maintenant quelques années, Etsi, table grecque de la cheffe Mikaela Liaroutsos, posée dans une petite rue du 18e arrondissement parisien, régalait d’une cuisine franche, simple, souriante. Est-ce toujours le cas en ce mois de juillet 2024 au soleil paresseux ?

Parfois, il ne faut pas grand-chose pour être heureux. On a beau aimer les belles tables gastronomiques qui vous survendent le chef, son savoir-faire et ses assiettes tirées à quatre épingles, il y a des tables où l’on attend juste l’évidence du plaisir, sans détour, sans déviation. Encore faut-il pour cela y mettre du sien, y mettre de soi. Car dans ce genre d’adresse, on se moque bien de la technique superfétatoire, des salamalecs qui vous oblige, du langage soutenu qui ne soutient à bout de langue que la pauvreté de la sincérité. De la vérité et de l’authenticité, voilà ce qui est attendu. 

À ce jeu de la vérité – une pensée fugace pour Patrick Sabatier -, la cuisine française se voit damer le pion par celles du sud qui n’aiment rien tant que magnifier le produit, souvent dans sa plus simple expression. Un produit, une cuisson, un assaisonnement aux petits oignons et, sans être obligé de crier au génie, on se pâme la bouche pleine. Facile ? Certainement pas, bien au contraire. La récente expérience Passerini rappelle amèrement la difficulté de l’exercice. Depuis son ouverture, en 2017, la discrète table de la cheffe Mikaela Liaroutsos balance des petites assiettes goûteuses qui sentent bon la Grèce. Quantités correctes, tarifs maitrisés, belle carte des vins tournée vers le soleil et service qui donne le sourire. On a cet agréable sentiment que depuis sept années, la recette globale n’a pas varié.

 Tant pis si la cheffe était absente ce soir-là. Tant que l’esprit demeure, tant que la sincérité de l’acte culinaire se diffuse à chaque membre de l’équipe, le client, qui n’exige pas ici la présence de la taulière pour flatter l’égotrip, repart de chez Etsi avec le sourire et l’envie – si révélatrice – d’y revenir. 

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Etsi | 23 rue Eugène-Carrière, Paris 18e arr. | 0171500080 |
Du mardi au samedi soir ; au déjeuner les samedi et dimanche | 
Site Internet

LES INFOS EXPRESS

14.09 | La 14e édition du guide ‘Les tables de Nantes’ est désormais disponible. Il comprend 167 adresses.

14.09 | Le restaurant Xin Rong Ji vient d’être récompensé de trois étoiles au guide Michelin dans la nouvelle édition du guide Chengdu (Chine). Cette table « appartient à une chaine de restaurant hauts de gamme » précise le communiqué de presse. Est-ce une première mondiale ? Pas impossible.

13.09 | Selon les chiffres de Zenchef, il y a un effet ‘Céline Dion’ sur la restauration de l’ouest parisien. La chanteuse va donner 16 concerts à Paris entre le 12 septembre et le 17 octobre. En résumé : forte anticipation des réservations les soirs de concert, augmentation des réservations dans le 16e arrondissement (+59%), forte augmentation des réservations internationales (25% contre 2,4%), forte progression des réservations sur le créneau de 17h et 70% en plus de tables de cinq ou six personnes par rapport à la moyenne. Merci qui ? Merci Céline.

12.09 | Le chef Domenico Grisafi reprend les rênes des cuisines de l’hôtel Monsieur George (Paris, 8e arr.). L’établissement hébergeait il y a peu le restaurant étoilé Galanga, tenu par le chef Florian Gravelle(parti chez Ducasse Baccarat). Dans un premier temps, le chef d’origine italienne se concentrera sur une offre ‘bistrot’ au déjeuner. Un nouveau projet pourrait voir le jour en 2027. 

11.09 | Le pâtissier Yann Couvreur continue son développement. À Paris, il va prochainement ouvrir une nouvelle boutique rue Beauregard (2e arr.). Il devrait également ouvrir une troisième boutique à Miami (Etats-Unis), une première à Mexico (Mexique), un Yann Couvreur Café à Dubai et deux au Koweit.

11.09 | Elisabeth Hot, elle, est passée par la porte. Elle a quitté son poste de cheffe pâtissière du Plaza Athénée, remplacée par Damien Gibault. « Une nouvelle page s’écrit, dans la continuité de l’excellence qui nous anime chaque jour » écrit Angelo Musa qui coiffe toute la partie sucrée de l’établissement.

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