Restauration indépendante : l’optimisme très contestable de Food Service Vision

Dans sa nouvelle Revue de la restauration indépendante, le cabinet Food Service Vision envoie une salve de chiffres qui montrerait une situation plutôt enviable des 117 000 établissements concernés. En 2023, ils réalisent un chiffre d’affaires global de 42,4 milliards d’euros, dont 10 milliards pour la restauration rapide. 

Parmi les chiffres à noter, l’étude souligne que 43% des points de vente sont concentrés dans les régions Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, que 35% des établissements proposent un service de livraison, et que 41% des restaurateurs disposent d’un service de réservation en ligne. 

En revanche, on peut très largement s’étonner du chiffre relatif au « fait-maison » : l’étude estime que 91% des restaurateurs indépendants le pratiquent majoritairement. Comment est-ce possible quand on sait qu’il faut inclure dans cette catégorie la restauration rapide (tacos, kebab, burger, poulets frits, restauration asiatique, etc.) ? D’autres chiffres prêtent également à la discussion, notamment concernant la RSE (78% se déclarent « engagés ») ou les achats de produits locaux (43%). Sur ce dernier point, cela peut s’expliquer par la pratique du déclaratif qui conduit souvent à de grosses distorsions entre ce qui est dit et ce qui est réellement fait. Enfin, cette étude ambitieuse n’a été menée qu’auprès de 600 restaurants, eux-mêmes divisés en neuf segments très différents (du « tacos » au « gastronomique », en passant par la « brasserie »). Des données à lire et à interpréter avec beaucoup de prudence donc. 

Enfin, Food Service Vision, dans la présentation de son étude, juge que « la restauration commerciale indépendante devrait être portée par la proposition de valeur attractive qu’elle adresse aux consommateurs et son chiffre d’affaires devrait atteindre 43,9 milliards d’euros cette année et dépasser les 46 milliards en 2026. » Des projections hasardeuses au regard du contexte international et national. 

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