En brillant un peu partout à travers le monde, de la Nouvelle-Zélande au Texas, à l’exception notable du continent africain, l’étoile du guide Michelin est devenue une récompense tout-terrain. Loin de vouloir imposer son standard originel – les codes de la cuisine française -, le Bibendum a décidé de faire dans le relativisme culturel pour étendre son emprise et ramasser les royalties qui vont avec.
De la restauration de rue, un comptoir dans une station de métro, un pub ou un restaurant qui ne sert qu’une roborative cuisine cuite au barbecue, rien ne fait plus peur à l’étoile. La photo ci-dessus montre une proposition du restaurant Goldee’s Bar-B.Q. Situé au Texas, il vient tout juste de décrocher le brillant sésame. Est-ce raisonnable ? Dans un sondage lancé hier sur Instagram, les réponses pleuvent : 87% de réponses négatives. L’adaptabilité est assurément une qualité, mais n’a-t-elle pas ses limites, voilà une question légitime que nous devons tous nous poser.
Que le Michelin se développe partout et y adapte ses outils de promotion, rien de plus normal. Mais il semblerait juste qu’il définisse quand même un socle commun à l’étoile, un cahier des charges minimum, pour permettre au touriste, celui-là même qui justifie qu’un territoire paie très cher pour obtenir « sa » sélection, de s’y retrouver ne serait-ce qu’un petit peu. Car en agissant sans garde-fou, le Michelin tue à petit feu la compréhension de sa plus prestigieuse récompense. En ces temps où le ‘fine dining’ bégaie ses gammes, le Bibendum devrait réfléchir à deux fois avant de relativiser toutes les cultures culinaires. À long terme, nous serons tous perdants.
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