Avec 15 gâteaux « de mariage » par an, tu deviens « le chef le plus créatif du monde » selon La Liste

La Liste vient de récompenser du titre de « chef le plus créatif du monde » un Français qui ne réalise que 15 produits par an : des gâteaux de mariage. Voilà peut-être un orfèvre du sucré, mais est-ce vraiment de la créativité ? Pas vraiment.

Commençons par le commencement, par une pincée de sémantique. Est créative la personne « qui est capable d’inventer, d’imaginer, de réaliser quelque chose de nouveau ou d’original » selon Le Larousse. Manifestement, les décideurs de La Liste n’ont pas trop le sens des mots, plutôt celui du marketing (encore et toujours) et, surtout, le sens politique de ce qui constitue bel et bien… la préférence nationale.  

Lundi 17 juin, les équipes de la Liste ont honorés 25 pâtissiers, venus de différents pays (Pakistan, Hongrie, Corée du Sud…) – car il faut bien faire un peu « mondial » quand même -, mais comme toujours, la France reste la championne du monde toutes catégories confondues avec 10 vainqueurs. Un joli rassemblement national quoi ! Parmi eux, il y a notre « chef le plus créatif du monde » en la personne de Baptiste Blanc-Tailleur. 

À l’Agence France Presse, le « créatif » a expliqué son mode de fonctionnement : « On a un modèle économique qui est complètement différent d’une pâtisserie classique, car on ne fait que 15 gâteaux par an. (…) C’est donc plutôt de l’ultra-luxe, très exclusif mais c’est ce qui nous permet de dévouer autant de temps au gâteau ». Luxe, le mot semble même faible puisque le coût du plus petit gâteau démarre à…. 7 500€ hors taxes. Encore un peu et avec de tels tarifs, Cédric Grolet va vendre ses fruits reconstitués chez Lidl. 

Alors, oui, il s’agit de grandes créations sucrées, avec leurs petites fleurs bien rondes, destinées à deux tourtereaux fortunés et les familles qui vont avec, mais peut-on vraiment parler de créativité ici ? Il suffit de jeter un oeil sur le site Internet de Bastien Blanc-Tailleur pour comprendre qu’avant l’artistique, il y a surtout de la technique, beaucoup de technique. La preuve : le pâtissier propose avant tout non pas de vendre ses gâteaux-Blancpain mais ses masterclass pour enseigner « les bases » du métier. Manifestement, la Liste confond les notions d’artiste, de créatif, de technicien. Côté confusion, la Liste est championne, même sans jeu de mots.

Prochaine rigolade signée La Liste avec l’annonce de leur classement des 1 000 meilleurs restaurants du monde le 25 novembre à Paris. On a hâte.

_____

Pratique | Bastien-blanc-tailleur.com

Photographie | Site de Bastien Blanc Tailleur

LES DERNIERS ARTICLES

L’édito du 21 janvier | Le méchant coup de vieux du Gault et Millau

Notre récent dossier sur le guide Gault et Millau a montré – et démontré – toutes les errances et les erreurs d’une marque dont on se demande encore comment elle tient. Rien ne va. Les partenaires se retirent, le magazine ne se vend pas et perd de l’argent (le changement de qualité du papier constitue le signe le plus tangible à ce jour), les propriétaires russes, proches de Vladimir Poutine, n’inspirent confiance à personne. Quant au guide lui-même, il n’a plus aucune influence sur qui que ce soit et

Quand le Gault et Millau labellise un Ehpad accusé d’homicide involontaire à cause de malnutrition

Une filiale du groupe Korian a été mise en examen en juin 2025 pour homicide involontaire après la mort de l’un de ses résidents dans un établissement parisien. Les multiples dysfonctionnements constatés ont conduit à sa dénutrition sévère, puis à son décès. Problème : l’établissement était labellisé par le Gault et Millau. Et devrait l’être de nouveau en 2026. Un scandale qui embarrasse le guide jaune.

Repas à 10 mains ou plus : débauche culinaire au service de l’égo des chefs ?

Des mains partout, c’est parfois excitant. Mais cela peut aussi manquer de sens. Après le très classique « repas à quatre mains », les chefs rêvent toujours plus grand, avec des événements à 10, voire 14 mains. Quel est l’intérêt de ces orgies culinaires si ce n’est flatter l’égo des chefs ? On peut se poser la question.

Agriculteur ? Un mot absent dans la bouche des cuisiniers 

À la question de savoir si « le secteur de la restauration est assez engagé dans la défense de l’agriculture française », notre sondage, réalisé la semaine du 12 janvier, ne laisse planer aucune ambiguïté. D’ailleurs, avez-vous souvent entendu un chef parler des agriculteurs ou tout simplement le mot écrit sur sa carte ?

L’édito du 19 janvier | Affaire Jean Imbert : le Plaza Athénée ne perdra pas la face

Et si le Plaza Athénée osait l’impensable : garder le chef Jean Imbert comme vitrine culinaire du célèbre palace de l’avenue Montaigne, contre vents et marées ? C’est bel et bien ce qui pourrait se produire selon nos informations.  Des informations qu’il faut prendre bien sûr avec beaucoup de précaution.  Le ‘pourquoi’ d’une telle décision est expliqué et décrypté dans les deux articles que vous trouverez ci-dessous. Reste que le possible choix de François Delahaye, directeur du Plaza Athénée et ami personnel du chef, doit aussi se lire sous

Pourquoi le Plaza Athénée pourrait garder Jean Imbert

Ce qui semblait inconcevable il y a encore quelques mois ne l’est plus vraiment en ce début d’année. Alors que la justice n’a officiellement pas encore tranché, le Plaza Athénée aurait déjà décidé de garder le chef Jean Imbert à la tête de la restauration en dépit des accusations et des plaintes. Pourquoi un tel choix ? Explications.

Jean Imbert aurait-il signé un nouveau contrat avec le Plaza Athénée ? 

Alors que son contrat actuel prend fin cet été, en juillet, Jean Imbert aurait signé un nouvel engagement avec le Plaza Athénée (Paris, 8e arr.). Le chef s’est mis en retrait de toutes ses affaires suite aux révélations et plaintes pour violences conjugales. Rumeur infondée ou retour par la grande porte ?

Un hôtel belge revendique une offre « zéro alcool »

Alors que le dry January bat son plein, un hôtel de Bruxelles a décidé de se démarquer en communiquant sur son offre « soft premium » et sur l’exclusion de l’alcool entre ses murs. Un choix osé qui suscite la curiosité.

L’édito du 14 janvier | La communication des chefs : l’art délicat de la sincérité

La communication des chefs, c’est un peu comme la cuisine professionnelle ou le journalisme : pour se démarquer, il faut trouver son message, son style, son identité. La voie se révèle souvent étroite et pentue, d’où l’envie de faire appel à un spécialiste. Une envie aussi légitime que délicate. Car le danger de se laisser « manger » par un professionnel plus ou moins averti est réel : il aura naturellement envie de reproduire ce qu’il a déjà proposé à d’autres clients, persuadé que la même recette fonctionne pour tout le monde.

Florent Ladeyn : la spontanéité comme marque de fabrique

Puisqu’il n’a pas eu le temps de créer un calendrier de l’Avent en temps et en heure, Florent Ladeyn a proposé sur son compte Instagram des photos très décalées sous forme de calendrier de l’après. Du Ladeyn pure chicorée comme on l’aime. Entretien avec un chef 100% naturel.

Michelin, Relais et Châteaux et les autres : face aux violences et dysfonctionnements, le silence des institutions

Alors que se met en place petit à petit un réseau ouvert et divers pour permettre de lutter contre toutes les formes de violences en cuisine, les grandes institutions qui structurent le milieu, guide Michelin en tête, demeurent totalement silencieuses et se réfugient derrière l’autorité judiciaire pour ne pas agir. Est-ce justifié ? Est-ce une position tenable sur le long terme ? Analyse.

L’édito du 12 janvier | Ticket-restaurant : faut-il tout remettre à plat ? 

Quel intérêt à l’appeler encore ainsi ? Titre ou ticket, peu importe, mais restaurant ? Quand on sait qu’il pourrait être utilisé chez Décathlon ou équivalent sur simple demande selon les mots de la présidente de la Commission nationale des titres-restaurants (CNTR), il y a de quoi se poser des questions. Depuis sa création en 1962 par Jacques Borel, il n’a cessé d’être incompris, mal utilisé, dévoyé et, comme je l’écris dans l’article du jour, mal né. Quand on sait en outre qu’il coûte à l’Etat français la modique

‘Dry January’ au restaurant : c’est pas diète, c’est niet !

Alors que le marronnier du mois de janvier sans alcool revient chaque année dans les médias, et que les alternatives proposées sont de plus en plus nombreuses, le sondage Bouillantes montre qu’au restaurant, l’envie de passer au ‘sans alcool’ est plus que faible.

Ticket-restaurant, nourriture, bonbon, Hema, Décathlon : cherchez l’intrus

Né en 1962, le titre-restaurant n’a cessé de voir au fil des années son utilisation sortir de la sphère de la restauration. En 2025, la chaine Hema, connue pour vendre des bougies, du dentifrice et des produits de beauté à petits prix, a obtenu son agrément. Au regard de l’argument de la Commission nationale des titres-restaurants pour justifier une telle décision, il y a de quoi craindre le pire pour la suite.

BLA BLA BLA

Portrait d’un chef résilient, qui a tout connu, de l’étoile Michelin à… quatre AVC, une vie abîmée mais une envie folle d’avancer et de montrer que le handicap, ce n’est pas la fin des haricots | Lien vers Instagram

LES TRIBULATIONS DE FPR X BOUILLANTES

DE SALLE À TOI X BOUILLANTES

LA PLATEFORME BOUILLANTES