La Table des Pères (Piré-Chancé, 35) : cuisine collective étoilée

Dans l’incroyable et ultra-contemporain restaurant La Table des Pères, situé dans le domaine du Château des Pères, le chef Jérôme Jouadé et son équipe proposent en toute discrétion une cuisine directe qui n’a qu’un seul but : régaler et faire plaisir.

Son restaurant ressemble à une navette spatiale. L’homme est un ovni. Mais sa cuisine a les pieds sur terre, dans la terre même, enracinée dans un terroir, la Bretagne, qu’il ne souhaite surtout pas voir réduit au sarrasin ou autres produits emblématiques de la région. « Tant que ça pousse ici, c’est breton, non ? » rigole-t-il. Le chef, homme du cru, a fait toute sa carrière dans la restauration, « mais de tous les genres, incluant Brioche Dorée par exemple ». Des expériences chez des étoilés ? « Aucune ! » On le regarde forcément un peu de travers car la chose est rare pour ne pas dire exceptionnelle. Comme nous l’écrivions il y a peu (lire notre article : « Quel est le profil parfait pour gagner une première étoile au guide Michelin ? »), le Bibendum conserve une fâcheuse tendance à récompenser les chefs issus du sérail. Lui s’en moque et argumente : « Je n’ai jamais travaillé dans un restaurant étoilé mais une partie de mon équipe a déjà une expérience dans de telles tables ». Pour Jérôme Jouadé, qui ne semble pas du tout jouer les faux modestes, « la cuisine, ici, c’est du collectif ». « La cuisine du restaurant est le résultat de toutes nos expériences. Si une partie de l’équipe venait à changer, que ce soit en cuisine ou en salle, celle-ci ne serait pas la même. Ici tout le monde goûte, tout le monde y va de son avis, La cuisine est vivante, collective et à hauteur d’équipe. » 

Le chef Jérôme Jouadé (crédit : Emmanuelle Levesque)

Après les mots, la bouche. L’apéritif englouti – sublimes cocktails accompagnés à la perfection d’une petite gaufre travaillée et d’une charcuterie maison de haut vol – pris dans une serre, les convives sont invités à sortir et rejoindre le premier étage de la capsule spatiale à la forme parfaitement ronde et entièrement vitrée. Là s’enchainent les propositions culinaires directes et percutantes, à l’image d’une sublime rosace de lotte, betterave et huile d’aneth, ou d’une Saint-Jacques crue coupée épaisse, agrumes et glace piment addictive. Tous les goûts sont là, savamment convoqués, visibles, sans excès, sans fioritures : quand la belle cuisine semble simple, elle s’apprécie dans la justesse de ce qu’elle est et pas dans ce que l’on cherche à faire comprendre. Le service se goûte de la même façon, franc et naturel. 

Derrière la folle architecture (folle mais très réussie) du site, se déguste une cuisine de la sincérité, totalement contemporaine – les « maitres » du chef se nomment Christophe Pelé, Bruno Verjus et Alexandre Gauthier – et parfaitement réalisée, à l’antithèse du démonstratif inutile. Quoi de plus normal que l’étoile brille plus fort quand on apprécie son repas du haut d’une navette spatiale qui propose un fort joli voyage. 

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PratiqueLien vers le site du restaurant
Photographie | Emmanuelle Levesque, FPR

LES INFOS EXPRESS

16.09 | Lancement à Lille jeudi 17 septembre (jusqu’au 19 septembre) de l’exposition ‘Ce qui reste, ce qui disparaît‘ de l’artiste Sophie Coulet. Elle propose « une traversée en cinq escales méditerranéennes qui relie la Grèce, l’Italie, l’Algérie, la France et Chypre à travers des œuvres interrogeant notre rapport à l’alimentation par la mémoire, la transmission, les gestes et les ressources. » (Galerie Pauline Renard, 43 rue Saint-André, Lille)

16.09 | Burger King veut devenir « une destination pour les envies sucrées » et annonce la couleur : « le dessert est un nouveau territoire d’innovation pour BK. » L’enseigne communique donc sur son offre sucrée : lancement cet été des Extra King Fusion, des Baby Churros et de l’Ice Burger, propulsé dans tous les restaurants de France depuis début septembre. BK rappelle que l’après-midi représente 19% des visites en restauration hors domicile et mise donc sur le créneau du « goûter » pour renforcer ses ventes.

15.09 | La directrice de l’association Ernest, qui regroupe deux restaurants (Ernest, Babel) et le festival Chef.fes, est mise en cause par d’anciens salariés. Manquements volontaires de gestion, management toxique, harcèlement moral… Lors du dernier conseil d’administration, quelque 23 témoignages auraient été remontés. L’enquête aurait pris fin suite à la liquidation des restaurants et le licenciement des salariés selon un post relayé sur Instagram par MEP Collectif.

14.09 | La 14e édition du guide ‘Les tables de Nantes’ est désormais disponible. Il comprend 167 adresses.

14.09 | Le restaurant Xin Rong Ji vient d’être récompensé de trois étoiles au guide Michelin dans la nouvelle édition du guide Chengdu (Chine). Cette table « appartient à une chaine de restaurant hauts de gamme » précise le communiqué de presse. Est-ce une première mondiale ? Pas impossible.

13.09 | Selon les chiffres de Zenchef, il y a un effet ‘Céline Dion’ sur la restauration de l’ouest parisien. La chanteuse va donner 16 concerts à Paris entre le 12 septembre et le 17 octobre. En résumé : forte anticipation des réservations les soirs de concert, augmentation des réservations dans le 16e arrondissement (+59%), forte augmentation des réservations internationales (25% contre 2,4%), forte progression des réservations sur le créneau de 17h et 70% en plus de tables de cinq ou six personnes par rapport à la moyenne. Merci qui ? Merci Céline.

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